Libérez Mehmet Tarhan
Article mis en ligne le 29 septembre 2005

par GY
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Incarcéré le 8 avril 2005, Mehmet Tarhan est condamné le 10 août à une peine de quatre ans de prison dont dix-neuf mois dans les geôles militaires à Sivas. C’est maintenant que tous les mouvements antimilitaristes et pacifistes doivent faire basculer le poids de l’injustice qui frappe tous les objecteurs de conscience, notamment dans les pays où aucune loi ne reconnaît le droit aux individus de refuser les armes.

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Mehmet

ISTANBUL Antimilitarist Initiative (IAMI), association de réfractaires turcs, a signé la déclaration de l’Internationale des résistants à la guerre (IRG) : « La guerre est un crime contre l’humanité. Pour cette raison, nous sommes résolus à n’aider à aucune espèce de guerre et à lutter pour l’abolition de toutes ses causes. » Mehmet, militant de cette association, fait partie de ces êtres humains qui prônent l’objection de conscience et refusent de porter les armes. Les nombreux harcèlements qu’il subit de la part de l’État turc sont relatés depuis le mois de mai dans l’UP. Compte tenu de cette lourde peine infligée, nous n’aurons de cesse de la dénoncer et de soutenir Mehmet tant qu’il n’aura pas recouvré la liberté. C’est pourquoi nous vous incitons à écrire (cf. modèle) à l’ambassade de Turquie, à faire connaître sa situation autour de vous et à être attentifs aux nouvelles diffusées par l’IRG.

Malgré la campagne internationale1 mise en place, il est malheureusement probable que l’on retrouve son nom sur la liste des prisonniers pour la paix2. En attendant de connaître la date de la Cassation, voici, ci-dessous, sa déclaration publique faite à Ankara avec d’autres amis objecteurs le 27 octobre 2001.

« Il est admis que les bombes lâchées sur la population afghane résultent des meurtres de centaines de personnes aux États-Unis, du fait des avions “crashés” sur les Twin Towers. Il est attendu que tout le monde s’associe à l’attaque contre la population afghane. Je refuse toute violence : je crois que se joindre ou approuver un quelconque événement de violence signifie prendre la responsabilité d’ouvrir la porte à d’autres actes de violence et à de nouveaux traumatismes pour ceux qui les approuvent. Je pense que les guerres sont une création des États pour montrer leur puissance. Elles constituent une violation fondamentale du droit de vivre. Quelles qu’en soient les raisons, violer ce droit est un crime et aucun accord international ne peut le légitimer.

C’est pourquoi je déclare mon refus de toute implication dans ce crime. Je ne servirai aucun des dispositifs militaires.

« Il manque une humanité épurée de la violence et des luttes de pouvoir, une humanité qui soit sans frontière, en paix avec la nature. Le fait que cette humanité n’existe pas en ce moment ne change rien à mes opinions, ni à mes engagements pour la créer.

« Je ne crois pas à la nécessité de l’État, et je ne ressens d’appartenance pour aucun État. Je ne veux jamais renforcer les forces militaires par ces actes appelés devoir du citoyen. L’État me revendiquant comme citoyen veut m’incorporer dans son armée pour que je devienne une machine à tuer. Ils veulent m’impliquer dans le crime et me faire complice du crime auquel je m’oppose.

« En tant qu’individu, je ne servirai aucune armée ou autres avatars de l’État. Je signifie que devoir m’en excuser est une insulte à ma personne et je refuse toute dispense et autre report.

« Je refuse le service militaire dans son ensemble. J’appelle donc chacun à ne pas rejoindre l’armée, à ne pas accepter d’aménagements bureaucratiques, à refuser tout mécanisme de contrôle par l’État via Mernis* et le numéro de taxation. J’en appelle à tous pour être solidaires des actions non violentes. »

Une manière d’arrêter la guerre est de lui refuser sa main-d’œuvre.

Toute violence est un crime contre l’humanité.

* Mernis est l’abréviation d’un système de fichage pour chaque citoyen de la République turque. Mernis devrait couvrir l’ensemble du pays d’ici à quelques années. Notre numéro Mernis nous sera demandé à chaque utilisation de la carte bancaire, à chaque action financière ou légale. Ainsi, le gouvernement pourra suivre à la trace la vie de chaque individu.

1. http://www.wri-irg.org/co/turkcampaign-en.htm

2. Rendez-vous au Lieu-dit, 6 rue Sorbier, Paris 20e, à 19 h 30 le samedi 26 novembre, pour un dîner convivial et l’écriture de cartes postales aux prisonniers pour la paix.

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