Les femmes contre la Première guerre mondiale (1914-1918)
Article mis en ligne le 13 juillet 2014
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Les femmes contre la Première guerre mondiale (1914-1918) [1]

Les Femmes en Noir de Madrid se souviennent des Cassandres de la Grande guerre :

Bertha von Suttner a travaillé pour éviter une autre guerre, n’importe quelle guerre. Son roman Déposez vos armes est un appel à la paix et décrit les horreurs de la confrontation armée. Elle a fondé La Société autrichienne pour la Paix en 1891 et a travaillé infatigablement pour le mouvement pacifiste international. Elle a dénoncé le réarmement en temps de paix, qui pouvait ruiner les nations et a mis en garde contre la préparation de divers pays pour un grand conflit. Elle a confronté la virulente opposition de nationalistes, du clergé et des antisémites. La Première guerre mondiale a commencé un mois après sa mort. Elle a été la première femme à recevoir le Prix Nobel de la paix.


Rosa Luxemburg a été arrêtée en février 1914 pour avoir incité les soldats à se rebeller et avait déclaré : « S’ils attendent que nous assassinions les Français ou n’importe quel autre frère étranger, il faut leur dire : « Non, en aucune circonstance. » Une semaine ou deux après l’éclatement de la guerre, elle a déclaré son désappointement que le Mouvement des travailleurs européens n’ait pas évité la catastrophe. Elle s’est opposée aux directives du Mouvement socialiste international et pensait qu’une fois la guerre terminée, les « traîtres » devaient être poursuivis en justice. Elle a été exécutée en janvier 1919 par des paramilitaires, récemment démobilisés du front de la guerre.

Clara Zetkin était une dirigeante du Parti social-démocrate d’Allemagne et avait organisé la section des femmes du parti. Dans sa lutte contre la guerre, elle a envoyé un appel aux femmes socialistes pour s’opposer énergiquement à un conflit armé, qui ne profiterait qu’au clergé et à la bourgeoisie patriarcale profiteuse, et elle a convoqué une Conférence internationale des femmes socialistes qui a eu lieu à Berne, en Suisse. A la conférence, le conflit impérialiste a été critiqué par le slogan « La guerre à la guerre ». A cause de cela, elle a été emprisonnée et expulsée du parti.

Dans le contexte de la Première guerre mondiale, deux congrès pacifistes de femmes ont eu leu en Europe en 1915 : La Conférence internationale des femmes socialistes, mentionnée plus haut et le Congrès international des femmes à La Haye sous la direction de la suffragiste et pacifiste hollandaise Aleta Jacobs et de Jane Addams (Prix Nobel de la paix). Ont participé à cette rencontre 1.136 femmes, bien que beaucoup d’entre elles s’étaient vues refusé un passeport par leur pays respectifs ou ont été stoppées à la frontière. En retournant dans leurs pays respectifs, elles ont été accusées « d’antipatriotisme » et beaucoup d’entre elles ont été arrêtées ou étroitement surveillées par la police. La Ligue internationale pour la paix et la liberté (WILPF) est née à ce congrès par des suffragistes importantes qui défendaient l’idée que la paix et les droits égaux pour les femmes étaient étroitement liés, et au milieu de la Première guerre mondiale, elle a proclamé que la guerre n’était pas inévitable. Ces congrès symboliques et historiques ont adopté des résolutions qui ont servi de base pour le Mouvement international des Femmes pour la paix.

Le « Congrès international des femmes pour la compréhension entre nations » a eu lieu en 1917.
Il y a eu des manifestations massives de femmes et des actions variées contre la guerre à Berlin, ainsi que dans des villes d’Autriche, de Russie et d’autres pays. Les femmes pacifistes qui vivaient dans des pays en guerre ont été poursuivies, emprisonnées et soumises à la surveillance policière. Hélène Brion, une enseignante pacifiste française, a été accuse de trahison et privée de sa position d’enseignante parce qu’elle avait distribué des pamphlets pacifistes en 1918. Pendant son procès, elle a déclaré : « Je suis une ennemie de la guerre parce que je suis une féministe…Entre la guerre et le féminisme existe une contradiction totale. »

Les Femmes en Noir de Madrid rendent visible leur reconnaissance et leur soutien à toutes les Cassandres qui actuellement travaillent à la démilitarisation sociale, les droits humains, la solidarité et à un monde sans guerres.

Nous rendons aussi hommage à nos compagnes Femmes et Noir qui sont décédées, Ana San Emeterio de Cantabria et Conchi Chaus de Valence. Leur engagement et leur solidarité seront toujours avec nous.

Notes :

[1Texte publié par Les Femmes en Noir de Madrid - Traduction de l’espagnol en anglais : Trisha Novak avec la collaboration de Yolanda Rouiller.

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