Maurice Jouaux
Article mis en ligne le 8 septembre 2014

par la webmestre
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Une des grandes figures de notre mouvement, Maurice Jouaux, nous a quittés le 2 juillet, dans sa 90e année, dans sa maison de retraite près d’Alençon. Il était membre de l’Union pacifiste depuis sa fondation et membre du conseil d’administration en tant que représentant du groupe de l’Orne. Il participait fidèlement à nos congrès avec Hélène, son épouse. Je le revois lors de ces rencontres, notamment à Albi.

Maurice ne s’imposait pas, mais lorsqu’il s’exprimait tout le monde l’écoutait avec attention. Il a toujours apporté quelque chose de fort et de profond dans nos débats. Maurice a compté parmi nos aînés qui ont marqué à la fois nous-mêmes et notre mouvement.

Pacifiste convaincu, Maurice a toujours soutenu les objecteurs de conscience. En 1977, il avait été inculpé pour injures envers l’armée, pour avoir informé, par voie syndicale, de l’existence du statut des objecteurs, ce qui, à l’époque, était considéré comme une incitation à la désobéissance.

Il était défendu par les avocats Jean-Jacques de Félice et Jean Cornec, ce qui fit beaucoup d’impression devant le tribunal d’Alençon, et il fut relaxé. Il soutenait aussi le Comité Louis Lecoin pour le soutien du Bureau européen de l’objection de conscience.

Maurice a compté parmi ces hommes et ces femmes exceptionnels de l’Internationale des résistants à la guerre, dont l’Union pacifiste est la section française, qui ont voué leur vie aux droits de l’homme et à la construction de la paix. Il était un homme de conviction, qui a toujours engagé ses actes en conformité avec ses idées. Maurice était un instituteur et, avec Hélène, très investi dans sa profession, formateur d’élèves de l’École normale, engagé à l’École émancipée.
Un bel hommage lui a été rendu le 9 juillet, à Condé-sur-Sarthe, son village près d’Alençon, par près de cent cinquante personnes. Nous garderons toujours en mémoire ce grand ami pacifiste.

Maurice Montet

JOSEPH JOUAUX (qui se faisait appeler Maurice pour déboussoler les gendarmes), instituteur et maître d’application, chevalier des palmes académiques, membre de l’Internationale des résistants à la guerre, membre de l’Union pacifiste de France et de l’école émancipée, secrétaire départemental de la Ligue des droits de l’homme, membre d’Amnesty International, membre de la Confédération paysanne, organisateur de la fête d’Ici et d’Ailleurs, qui a fait don de son corps à la science… comme le disait l’avis de décès, rempli de qualités.

Il aurait été possible d’ajouter grand militant pacifiste intégral, toujours très sympathique, toujours calme, attentif et non-violent, toujours présent aux congrès, aux réunions du conseil d’administration de l’UPF (bien qu’habitant dans l’Orne), aux manifestations de soutien aux paysans du Larzac, à beaucoup de manifestations antinucléaires, à plusieurs marches antimilitaristes internationales en Europe entre 1976 et 1985. Il présente des traits de ressemblance avec Élisée Reclus... Oui, Maurice Jouaux fait maintenant partie du Panthéon pacifiste.

Rémi Thomas

12 octobre 1924 : naissance à Ammerschwihr (Haut-Rhin) où
son père était en garnison.

1930 : retour à Notre-Dame-d’Aspres (Orne), berceau de la
famille.

1941 : entre à l’École normale de garçons (Alençon).

1942 :rencontre Hélène qui est à l’EN de filles.

1945 : premier poste d’instituteur à Sainte-Honorine-la-Char -
donne (près d’Argentan).

1946 : mariage avec Hélène ; les quatre filles (Marilène, 1948 ;
Françoise, 1951 ; Laurence, 1958 ; Isabelle, 1962) deviennent
toutes enseignantes.

1965 : nommé directeur d’école à Condé-sur-Sarthe (Orne).

2007 : malade, il entre en maison de retraite à Alençon.

2 juillet 2014 : il s’éteint paisiblement entouré de sa famille et de
ses nombreux amis.

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