PRO-FÊTE
Article mis en ligne le 13 janvier 2015

par GY
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Ils ont tué. Ils ont tué les pro-fêtes. Vous avez tué les pro-fêtes, ceux qui sont pour la fête. Vous avez tué les hérauts de la dérision, les messagers du rire. Vous en avez fait des héros. La dérision face à la déraison. « Si vous tuez une âme, dit le Coran, vous tuez l’humanité entière ».
Vous avez tort de vous exclure de cette communauté qu’on appelle humanité. Vous avez tort. On y est bien. On y vit. On y rit. On y pense. Trois actions que vous choisissez d’ignorer. C’est dommage mais c’est vrai ce n’est pas un choix. Ce n’est pas votre choix. C’est le mal, la maladie qui vous ronge qui a choisi pour vous. Qu’est-ce qu’on peut faire ? Comment vous aider ?
Vous devez être bien malheureux. Je vous plains. C’est le rire qui est le propre de l’homme. Pas le pire, le rire ! Le pire c’est ce que vous incarnez, ce que vous instillez, ce que vous instituez ; le pire c’est le contraire du rire, contraire du vivre, le contraire du Livre, le contraire de la pensée, le contrepied de l’humanité. Le pire c’est la bêtise, cette terrible maladie. Le pire c’est l’obéissance aveugle à l’obscurantisme, le pire c’est de foncer dans le noir, de s’enfoncer dans la nuit, d’avancer à l’aveuglette… de brûler une bibliothèque sous prétexte qu’on ne sais pas lire ; le pire c’est d’utiliser l’arme des faibles, l’arme des lâches, l’arme qui tue à défaut de savoir user de la pensée, de la raison, de l’Intelligence, de l’Humanité, du rire, du crayon !
Le crayon c’est la parole ! Le canon c’est la parade. La panade, la panne, le panneau dans lequel sont tombés trop de nos communs ancêtres. L’armement contre l’argument !
C’est le rire qui est le propre de l’Homme. Et ce sont des hommes que vous avez tués. Pas leur rire dont l’écho universel en fera les Phœnix des siècles à venir. Ce sont des hommes que vous avez tués. Pas leur âme. Leur âme c’est notre rire, notre idéal. Leur idéal. Leur idée. Et leur idée subsiste, renforcée.
La différence entre la main qui tient le fusil et la main qui tient le crayon, c’est le talent. Le talent d’Eschyle c’est son talon d’Achille, mais c’est sa richesse. Le fusil c’est la peur. La torpeur. La stupeur. La stupidité. La bêtise, j’allais dire humaine, non, c’est le contraire. C’est l’Intelligence qui est humaine. C’est l’Humanité qui est intelligente. Qui pense. Qui chante. Qui rit. Qui vit. Et nous continuerons de penser, de chanter, de rire et de vivre. Jusqu’à ce que mort s’ensuive certes. Mais ce ne sont que des hommes que vous tuez. Pas leur pensée. Pas leur chant, pas leur rire. Pas la Vie.
Ce ne sont pas des hommes qui ont tué. Ce sont des robocops, des robots formatés, fanatisés, hypnotisés, déshumanisés et je vous plains. Je vous plains de ne pas savoir rire. Je vous plains de n’être plus en capacité d’agir, de penser, d’être ; je vous plains de ne plus être en état de choisir entre l’automatique et le zygomatique, un muscle ô combien plus performant que le percuteur, la gâchette qui gâche tout. Le gag ça gagne tout. Sauf vous !
Je vous plains et je ne voudrais pas être à votre place quand vous devrez rendre des comptes à votre prétendu prophète. A qui prophète le crime ?
Les pro-fêtes, les vrais, ceux qui sont pour la fête, c’est vous qui les avez tués, et du même coup vous les avez rendus immortels.
Je suis Charlie. Nous suivons tous Charlie ! Merci.

Yves Le Car

Actus

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