Cher Charlie,
Article mis en ligne le 13 janvier 2015

par GY
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Je t’envoie mon abonnement, aujourd’hui dimanche 11 janvier. Ça tombe bien, si tu me permets cette litote, cette licence poétique, nous sommes en C.A.
Je ne sais pas si tes archives n’ont pas été emportées lors du premier séisme subi par tes locaux, alors je veux bien te redonner mon adresse. Tu la gardes pour toi. On ne sait jamais. C’est vrai que ce n’est plus la même adresse que lors de mon premier abonnement. J’étais ado encore. Y avait encore Choron, Reiser, Fournier, de l’eau a coulé, tellement coulé qu’elle a débordé, elle a saoulé cons de part et d’autre de la maudite-erronée. C’est de là qu’est venu l’ouragan, le cataclysme qui a emporté le noyau de ton équipe. Notre Cabu, notre occasionnel dessinateur, notre Charb, notre Tignous, notre oncle Bernard, et le très honoré du même nom…
C’est un tremblement de terreur qui les a emportés, l’une de ces catastrophes pas naturelles du tout contre lesquelles on ne peut rien. Sinon rire.
Bien sûr qu’on a pleuré. Bien sûr qu’on a peur. Faut pas se voiler la face (oh ! voiler la face, j’ai même pas fait exprès). Mais bon, c’est pas pour ça que j’ai décidé de ne pas aller à ce qu’ils appellent rassemblement républicain. Rassemblement ! avec un R comme Récupération. Recyclage. Pour peu qu’ils nous foutent leur marseillaise en plus comme pour les tuer une deuxième fois, tes représentants. On aurait l’air fin dans leur rassemblement.
Non c’est d’une autre façon que je veux te rendre hommage. Te rendre à personne sinon aux pages, aux pages de dessins, de textes hilarants, pertinents, merveilleux, percutants, merdaucon, père et mère à volonté, à l’infini. C’est aux pages plutôt qu’aux mages que je vais te rendre.
C’est bien que tu continues. A vivre. Avec ceux, grâce à ceux, à celles qui sont prêts à te reprendre. Grâce aux abonnements. Grâce à la sincérité des lecteurs. Tes lecteurs, pas les électeurs des politiques de tout acacabit et orbi qui se solidarisent de ton drame bien plus qu’ils ne l’ont jamais fait du vivant de tes joyeux lurons. C’est beau ! c’est gentil. Mais un peu de pudeur que diable.
À qui la faute si nous en sommes là ?
Allez va, on tourne la page, on continue. Acte X, scène 1…
Qu’après les minutes de silence, viennent, reviennent celles d’Insolence !

Yves Le Car

Actus

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