D’une saison à l’autre : le surtourisme

L’été arrive, paraît-il. Et avec lui, le surtourisme. Ce phénomène sature les medias lorsqu’il s’agit de Venise, de Dubrovnik, du Mont Saint-Michel, du Mont Fuji. Par contre, à Lyon, lorsque le funiculaire pour monter à Fourvière est bondé chaque week-end, il faut se contenter de trouver cela normal, et intégrer le fait que c’est bon pour l’économie locale…
La règle est un peu la même pour l’avion. Il y a saturation pour nombre de destinations, mais les vols à prix cassés envahissent les affiches publicitaires. Un jour, qui sait, on paiera le touriste pour qu’il aille à Djerba ou aux Canaries. Mais rassurez-vous, à Paris, à Lyon, le vélo est de plus en plus utilisé… Ouf ! Le cadre-voyageur se sent vraiment écolo. Et en définitive, l’important reste la bonne marche de l’économie. Le tourisme, dans beaucoup de régions, dans beaucoup de pays est la première ressource financière, et aussi la première source d’emplois.
Changeons de « tourisme ». Le tourisme vert, plus écologique, est de plus en plus mis en avant. Tant mieux s’il est plus respectueux de l’environnement. C’est du tourisme vert-kaki que je souhaite parler. Et celui-là aussi, il est en grande expansion, vu le nombre de guerres en cours. Très bon pour l’économie, pour les emplois. Destructeur pour l’environnement. Et pour les vies humaines, les habitations, les lieux de vie comme la bande de Gaza, rayée de la carte avec application par Benjamin Netanyahou et ses alliés.
Je suis provocateur lorsque je parle de tourisme. Cependant, vu le nombre de pays concernés, ça peut faire une sacrée agence de voyage. La Palestine, bien sûr. Autre pays non reconnu par les instances internationales, le Kurdistan. Pour prolonger le voyage : l’Ukraine, la Russie (Crimée ? russe, ukrainienne ?), le Haut-Karabakh (Azerbaïdjan / Arménie), le Soudan, l’Éthiopie avec la région du Tigré, le Myanmar (ex-Birmanie), et les zones « instables » : Sahel, Haïti, Lybie, Syrie, Yémen. Et à l’avenir : Taïwan ( ?), les deux Corées. Brr… Sans compter que ce tourisme kaki, au-delà des missiles, des avions, des drones, des chars, des troupes au sol lorsque c’est jugé nécessaire, peut devenir nucléaire. Rebrr… Maurice Balmet, dans l’Union Pacifiste de juin, a rappelé les sinistres conséquences écologiques d’une guerre. Quant aux conséquences humaines, le monde s’en accommode, bon gré, mal gré. Malgré les morts que l’on n’arrive plus à compter, malgré les destructions…
Le monde s’en accommode car l’économie, la finance se nourrissent de ce surtourisme qu’il soit « valise à roulettes », kaki, voire nucléaire.
Bel été quand même à tous les survivants. Et à notre planète !

Jean-Michel Lacroûte


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