Marseille : Samedi 16 mars à 17 heures
Les causeries mensuelles du CIRA

« I Comitati Pro Vittime Politiche d’Italia » à Marseille dans l’entre-deux-guerres : histoire d’une organisation anarchiste en exil par Françoise Fontanelli Morel

La solidarité, l’entraide sont au coeur du mouvement anarchiste italien au point que l’on a pu penser que l’oeuvre d’assistance des Comités Pro Vittime Politiche était centrale. Toutefois, du fait de leur rayonnement, de leur diffusion sur le territoire européen et Outre-Atlantique, de par les liens qu’ils se sont efforcés de maintenir entre les militants dispersés et le mouvement anarchiste dans la péninsule et à l’étranger, ainsi que pour le tissu connectif qu’ils ont recréé en exil, ces comités sont allés bien au-delà de l’assistance. Ils ont été la véritable colonne vertébrale du mouvement.
Les premiers comités d’assistance anarchiste apparaissent en Italie dès la fin de l’année 1919. Ces structures d’assistance ont été transférées en France, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg et aux États-Unis assurant ainsi la continuité du mouvement sans interruption dans l’activité des groupes. Plusieurs de ces comités se sont illustrés à Marseille durant l’entre-deux-guerres : le Pro Figli dei Carcerati Politici entre 1925 et 1928, le Pro Vittime Politiche della Sicilia en 1925-1926, le Pro Cociancich e Fornasari en 1932-1934 et le Comité Anarchico Pro Vittime Politiche de Marseille entre avril 1938 et août 1940.
Tous ces comités semblent avoir fonctionné sur le même mode et partagé des caractéristiques communes.
Par ailleurs, la rareté des sources liée à la clandestinité du mouvement ne permet pas toujours de reconstituer l’activité et le fonctionnement de ces comités, ni même d’identifier tous ses membres. L’étude du Comité Anarchico Pro Vittime Politiche entre 1938 et 1940 dont la survie financière repose essentiellement sur les dons de militants permet de démontrer comment circulent les hommes, l’argent et les idées au sein du mouvement libertaire italien en exil. Comité particulièrement actif, il éclaire le fonctionnement des autres comités et met également au jour une organisation clandestine très structurée, véritable réseau d’entraide et d’assistance se déployant localement mais aussi au-delà avec des intermédiaires dans le sud-ouest de la France et des sources de financement provenant de l’étranger.
En 2016, à Aix-en-Provence, Françoise Fontanelli Morel a soutenu une thèse intitulée : Pio Turroni et le mouvement anarchiste italien en exil en France durant l’entre-deux-guerres : de l’engagement individuel à la mobilisation collective. Françoise Fontanelli Morel est membre associée de l’UMR TELEMME, laboratoire de recherches dépendant de l’AMU-CNRS (Aix-en-Provence).

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