Gaston au-delà de Lagaffe
Article mis en ligne le 25 janvier 2017
dernière modification le 26 janvier 2017

par GY
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M’enfin ! Vous ne vous êtes pas encore précipité pour découvrir l’exposition André Franquin à la bibliothèque publique d’information de Beaubourg (en­trée gratuite jusqu’au 10 avril) ! L’année 2017 marque les 60 ans de Gaston Lagaffe, né en 1957 sous le crayon d’André Fran­quin dans le Journal de Spirou. La qualité du parcours de ce personnage est particulièrement intéressante, surtout lors­que Franquin publie ses Idées noires et affirme ses positions antimilitaristes et pacifistes. Il suffit de lire ses commentaires lors d’entretiens avec des spécialistes de la BD :
« Oh, contestataire, c’est beaucoup dire. L’armée, oui, bon… Je n’ai jamais fait l’armée, moi. Mais, évidemment, je déteste cordialement tout ce qui est militaire.
Il y a effectivement une beau­té des lignes dans certains avions militaires. C’est magnifi­que à voir. Mais quand on pen­se à quoi ça sert…
Quand je pense que les impôts que je paie ont servi à acheter des pièces détachées d’avions de chasse, ça me met mal à l’aise. Je préfère voir cet argent consacré à la cons­truc­tion d’écoles, d’hôpitaux, que sais-je encore ? [...] Mais honnêtement, entre nous, qui ne trouve pas les militaires ridicules.
Oh, à dire vrai, je ne suis, en fin de compte, anti-rien-du-tour, même si je suis intimement convaincu que les personnes vraiment civilisées de­vraient être prises de vomissements à chaque fois qu’elles aperçoivent une de ces ma­chines de guerre. Mais, bien sûr, nous traînons un lourd passé derrière nous. Les « héros » sont toujours des types qui ont gagné leurs galons en frappant très fort sur la tête de leur ennemi. Et, bien souvent, la glorieuse histoire de nos cultu­res si civilisées ne repose sur rien de plus qu’une succession de massacres effroyables.
Je considère toute chose militaire comme épouvanta­ble­ment stupide, démesurément absurde. Non, vraiment, si
j’étais rédacteur en chef d’un magazine pour jeunes, je te virerais toutes ces histoires de guéguerre à grands coups de pompes. Pas de glorification des armes ni d’apologie de la guerre dans mon beau journal, il y a tellement d’autres histoires à raconter.
Au diable l’éloge du cou­rage guerrier, le drapeau, l’hé­roïsme, l’appel du clairon, les jets de combat, les sous-ma­rins, les chars d’assaut. C’est dingue, mais tout cela est toléré dans un journal pour jeunes. »
Franquin nous a quittés le 5 janvier 1997, mais Gaston, le gaffeur génial et poétique, est toujours bien présent dans ses albums et dans cette exposition. Merci Franquin pour tes dessins et tes commentaires !

N’oubliez pas : voir l’expo Gaston à Beaubourg !

Toro

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