Bruxelles : Non à l’Otan !
Article mis en ligne le 6 juin 2017

par GY
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Le sommet de l’Otan et l’inauguration de son siège ont eu lieu les 25 et 26 mai à Bruxelles. Outre les autres chefs d’État, c’était la première visite de Donald Trump en Europe. Des manifestations lui ont très clairement montré qu’il n’était pas le bienvenu.

Près de douze mille personnes ont marché dans Bruxelles le 24 mai pour manifester leur opposition à l’Otan et surtout affirmer à Donald Trump que la présence d’un tel va-t-en guerre n’était pas souhaitée en Europe. Le collectif français « Non a l’Otan, non à la guerre » était bien présent aux côtés de délégations venues de presque tous les pays européens et même des États-Unis. Participaient des groupes de femmes dénonçant vigoureusement le sexisme de ce président américain, beaucoup d’étudiants avec une banderole : « Arrêtez de nous emmerder avec vos guerres coloniales ! »
Des prises de paroles se sont déroulées près de la gare du Nord. Cette fois-ci, la police s’est montrée plus discrète, et n’y a pas eu de provocation de part ou d’autre. La couverture médiatique a été importante.

Désobéissance civile
Cent cinquante personnes ont participé à une manifestation non violente le 25 mai et réussi à retarder le convoi des officiels se rendant au siège de l’Otan. Trois structures de panneaux de signalisation surplombant le trajet ont été occupées, et la police a caché les militants pour qu’ils ne soient pas vus. Près de là, d’autres militants se sont enchaînés entre eux par terre sur le boulevard Léopold III. Une samba et des clowns ont détendu l’atmosphère. Il a fallu du temps à la police pour les embarquer.
Bravo à nos amis d’Agir pour la paix, section belge de l’IRG !
D’autre part, des drapeaux arc-en-ciel ont aussi balisé le parcours, et des militants de Greenpeace ont escaladé une grue pour y déployer une banderole : « Resist ».

Contre-sommet

Le colloque international a réuni près de deux-cents personnes dans une école supérieure près de la place du Luxembourg. La première session plénière avait pour thème : « Pourquoi un monde sans Otan est-il une nécessité. » Un spécialiste du collectif français "Non à l’Otan, non à la guerre" a rappelé l’histoire de l’Otan et cadré l’objet de ce contre-sommet. Après la dissolution du Pacte de Varsovie en 1989, l’Otan s’est maintenue et développée. La question est « La guerre pourquoi, la guerre contre qui ? » Il faut rompre la logique de guerre qui entraîne la grande crise des réfugiés, et enrayer l’engrenage militaire. D’autres interventions ont porté sur la militarisation de l’Europe, la confrontation avec la Russie, les dépenses militaires et l’industrie des armes, vers une nouvelle guerre froide ? et sur le traité d’interdiction des armes nucléaires de l’ONU.
Les groupes de travail ont travaillé sur les relations Parlement européen-Otan, les femmes et l’Otan, les armes nucléaires des États-Unis en Europe, les 2 % du PIB de chaque pays demandés par les États-Unis pour l’Otan, analyses et stratégies en réaction dans différents pays. Le groupe de travail sur les industries de l’armement est parti des données du SIPRI de Stockholm sur les dépenses militaires mondiales. Elles s’élèvent en moyenne à 230 dollars par habitant. Les investissements pour la Défense ont une fonction organique pour les américains : les fonds de mutuelle, fonds d’investissements et fonds de pension dépendent en grande partie de ce secteur. Un délégué CGT affirme que : « mille emplois en plus ne valent pas deux mille morts au Yémen. » Les fabricants d’armes devraient diversifier leurs productions, en particulier pour le civil. Aux États-Unis, les universités et centres de recherche sont subordonnés aux financements de l’industrie de la défense. Des étudiants ont lancé le slogan : « Study war no more ! » [Étudier la guerre, plus jamais !]
La conférence plénière finale avait pour thème : « Comment délégitimer l’Otan ? » Y assistaient des représentants de mouvements contre la guerre, les Vétérans pour la paix des États-Unis, Stop the war coalition du Royaume-Uni, le Bureau international de la paix, la Coordination internationale "Non à la guerre, non à l’Otan", le Comité de surveillance Otan de Belgique. Le nouveau siège de l’Otan à Bruxelles a coûté un milliard en euro ! La résistance à la guerre est une priorité, et les mouvements contre la guerre ont du pain sur la planche.

Maurice Montet

Actus



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