Berry
Grand remous au cimetière pacifiste de Tournon-Saint-Martin

La Nouvelle République publie un article annonçant que le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale interdit formellement aux élèves de Tournon-Saint-Martin, d’interpréter la « Chanson de Craonne » lors des commémorations de l’armistice du 11 novembre 1918 , ce qu’ils faisaient impunément depuis trois ans, avec l’aval de leurs enseignants et du maire.
Au cimetière pacifiste disions-nous, c’est la stupeur, mais aussi l’indignation, l’incrédulité, et finalement la rigolade, puisque pour le courageux maire du village, Dominique Hervo, l’Histoire est une et indivisible. On ne saucissonne pas : « Notre cérémonie est organisée ainsi depuis trois ans et cela ne choque visiblement personne. Les chansons sont étudiées en classe et font l’objet d’un vrai travail pédagogique. Je tiens enfin à rappeler que la commémoration est organisée hors du temps scolaire. Vraiment, les dirigeants de l’Éducation nationale n’ont-ils pas d’autres sujets plus importants à traiter, en ce moment ? »
 À Tournon, les enfants continueront donc à chanter La Marseillaise et La Chanson de Craonne. Et ils liront des lettres de poilus. Pour ne pas mettre les enseignants en porte-à-faux, les gamins seront accompagnés par les responsables de l’Harmonie municipale, poursuit le maire. Mais on continue. C’est ferme et définitif. Cela permettra d’organiser une célébration digne de ce nom. »
Louis Lecoin, Thérèse Collet, Pierre Chardon, Pierre-Valentin Berthier, Rolland Hénault, que celles et ceux que j’oublie me pardonnent, peuvent donc lever tranquillement leur verre de Reuilly (oui, toi aussi, Thérèse !), féliciter le maire, encourager les enfants et leurs enseignants, et fustiger le crétin de l’Académie.
Redevenons sérieux un instant : ce fait divers et local confirme la tendance actuelle, ce retour au militarisme le plus étroit voulu par le président Macron « en même temps » que sa prétention d’instaurer un prétendu « nouveau monde ». Préfets et Recteurs ont probablement des consignes. Les pacifistes n’ont pas intérêt à s’endormir, il va y avoir du pain sur la planche. Un retour probable de la conscription (déguisée en journées de ceci ou de cela), devrait générer un retour de l’Objection de Conscience, et du soutien que nous lui devons.

Jean-François Amary