Rire grâce à Rolland Hénault

Les Éditions de l’Impossible ont publié trois volumes de plus de 500 pages, sur les articles de 2001 à 2010 que notre ami Plouc avait écrits pour divers journaux, dont L’Union pacifiste, La Bouinote, etc. Mille mercis à Élizabeth, aux braves éditrices et éditeurs, pour tous ces textes, qui devraient être remboursés par la Sécurité sociale, tant ils décapent et font du bien pendant ces tristes périodes macronistes !
Quelques extraits pour se tenir chaud.

En effet, il n’y a pas d’autre métho­de que la dérision, pour qui veut briser les fusils et entend éradiquer le militarisme régnant. D’ailleurs les journaux (papiers, sonores ou télévision) sont bourrés, au point qu’ils en deviennent nauséabonds et incitent à tirer la chasse d’eau. Les bandits et les crimi­nels de guerre paradent, surtout lors des cérémonies officielles : « Ces personnes abon­damment décorées sont des sadiques qui viennent tuer, une deuxième fois, les victi­mes qu’ils ont envoyées à la mort. »
En prime, Rolland, pédagogue hors pair, nous instruit, par exemple sur l’anthropologie, en mettant Roger Callois à notre portée. Il prouve « que la fête et la guerre sont de même nature : on y transgres­se des interdits. Dans le cas de la guerre, l’interdit du meurtre. Lequel est en train de tomber, dans les lycées états-uniens, ainsi qu’un fait divers récent l’a montré. Ce précurseur des guer­res de l’avenir a étalé un de ses congénères et en a blessé grièvement dix-neuf ! Un beau début de formation militaire, mais on ne comprend rien sans un minimum de théorie. »
Sur la parité, ce couplet édifiant : « Et voilà que les fem­mes s’y mettent. Elles gémissent qu’il y aurait des “violen­ces dans l’armée”. La belle affaire ! Et la belle découverte aussi !… Alors pourquoi se sont-elles engagées dans cette profession de tueuses en séries ? De violeuses à tour de bras ? Rien, dans la loi française, ne les contraignait à envisager cette activité. »
Ce grand buveur (cul sec) des canons fraternels des vi­gnes de Reuilly (Indre), nous apprend, à partir de François Rabelais, que « le vin est anticlérical parce que Gargantua disposait d’une champelure, que les femmes qui faisaient sa toilette s’appliquaient à “faire revenir par des mouvements de haut en bas” et réci­proquement. Séance d’en­traî­nement donc ! (…) Souvent les curetons jouaient à saute-moutons sur les enfants de chœur. »
Rolland Hénault souligne aussi que les prêtres intégristes peuvent enculer les militaires. Il trouvait une source inépuisa­ble d’inspiration pour ses articles dans les bombardements médiatiques de la presse du Berry et ses faits divers si déso­pilants (517e régiment de tirail­leurs).
Les avis nécrologiques sur les anciens combattants l’attristent, car les acteurs des guer­res mondiales se raréfient, mê­me si les deux milliards de ceux qui meurent de faim les battent à plate couture.
Au détour d’un article du «  Provisoire », poursuivi devant les tribunaux pour « diffamation et injures envers l’armée », Rolland éprouve le réconfort de la solidarité pacifiste. Il sera défendu par Me Jean-Jacques de Felice, avec l’appui d’Henri Alleg, de Claude Bourdet, de Cabu, de Font & Val, de Cavan­na, du Pr Choron, de Maurice Laisant, de Roger Monclin et de toute l’UPF !
D’un dévouement extrême, Rolland donnait des cours de français à la grande prison de Châteauroux. Il avait pris position pour la suppression des pri-sons, car il avait côtoyé l’humanité des prétendus voyous détenus et la dureté des gardiens obéissants. À cette position de principe, il ouvrait une exception pour les vrais délinquants de la politique et des hautes sphères des richesses économiques.
De nos jours, « la caracté­ristique principale du pouvoir actuel, c’est le mensonge, qui permet de justifier la pire des guerres : la guerre écono­mi­que, celle des riches contre les pauvres, des pauvres entre eux, excités comme des poux dès qu’on égratigne leur carrosserie volée à des plus pauvres qu’eux. En effet, il n’est plus nécessaire de massacrer les pauvres, ils s’autodétruisent de désespoir. (…) On ne peut plus faire une classe sans la police municipale, les remé­diateurs, les accompagnateurs, les remetteurs à niveau, ceux qui font de la transversalité, de la verticalité, de l’horizontalité, les éducateurs de rues, de squares, d’avenues, d’impasses… »
Louis Lecoin avait prévu ça : « Les prisons, il en avait me­suré la violence feutrée, tout en finesse désormais. On pour­ra bientôt changer les rôles : les surveillants deviendront gardiens et réciproquement. »
La guerre, « comme elle est en paix à Gaza, ce camp de concentration qui comporte 1,5 million d’habitants, pour un rectangle de 42 km de long et 12 km de large. (…) Mais ce n’est pas la guerre, les victimes crèvent d’elles-mê­mes, et pour le cas où elles y mettraient de la mauvaise vo­lonté, un simple petit bombar­dement à l’ancienne suffit à calmer les populations, qui ne sont d’ailleurs que des mu­sulmans multicolorés ou des juifs demeurés là depuis 1949. Des juifs garantis d’origine, qui mériteraient une appellation con­trôlée. Parce que les autres, ceux qui les gardent, sont des bons juifs américanisés, qui sa­vent maintenant aménager des camps, pourquoi seraient-ils plus cons que des nazis ? »
Dans l’école se trouvent « des jeunes provisoirement libres, mais qui sont déjà, sans le savoir, dans la filière prison »…

Moris Leau-Déviant

Trois volumes, 18 €/l’un, (+ 4 € de port)
Éditions de l’Impossible
BP 321
78703 Conflans Cédex .


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