Le contre-sommet de l’Otan à Lisbonne (Novembre 2010)
Article mis en ligne le 28 janvier 2011
dernière modification le 27 octobre 2013
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La ville de Lisbonne n’a pas été en état de siège comme l’avait été celle de Strasbourg en avril 2009. Le sommet de l’Otan se déroulait à plusieurs kilomètres du centre, au bord du Tage. Le contre-sommet s’est tenu les 19, 20 et 21 novembre dans le lycée Camoes, de Lisbonne. Tous les militants n’ont pu accéder au Portugal : des contrôles ont eu lieu à la descente des avions, l’un a été retenu pendant trois heures, un autre a été expulsé. À la frontière hispano-portugaise, de nombreux camarades ont été refoulés, notamment ceux du car de l’Union des objecteurs de Finlande et celui du collectif M51 parti de Bordeaux. Ils ont protesté après devant l’ambassade du Portugal à Madrid.

Le blocage : soixante-dix manifestants non violents revendiquant la désobéissance civile, parmi lesquels des copains de l’IRG, ont réussi l’exploit spectaculaire de bloquer l’un des accès du sommet de l’Otan. Leur banderole « Nato game over » a été photographiée par la presse. Certains se sont couverts de peinture rouge et se sont allongés par terre. Quarante-cinq militants ont été arrêtés et retenus au poste de police.

La manifestation classique partait de la place Marquês de Pombal et descendait l’avenue de la Liberté. Nous étions une trentaine d’internationaux, avec notre grande banderole « Non à la guerre, non à l’Otan » en quatre langues, derrière le cordon du service d’ordre du PC portugais. Suivait un cordon de policiers, puis nos camarades de Pagan, le collectif portugais contre l’Otan, les autres organisations indépendantes du PC et des anarchistes.

La conférence du contre-sommet a été très riche. Elle était organisée par Pagan, qui nous accueillait, et l’ICC, Comité de coordination internationale contre l’Otan. L’ICC regroupe cent cinquante organisations, et trente pays étaient représentés. De nombreux intervenants ont exposé les raisons de notre opposition à l’Otan, en particulier Reiner Braun, de Berlin, Arielle Denis, coprésidente du Mouvement de la paix, Joseph Gerson, Américain, Andreas Speck de l’IRG à Londres, Sandra Monteiro du Portugal, Tobias Pflüger, ancien député européen, Jeremy Corbin, parlementaire anglais, Ben Cramer du Bureau International de la paix, et même un colonel de la révolution des Œillets.

L’Otan est une organisation antidémocratique qui n’est pas redevable devant les citoyens. Elle ignore la société civile et veut ramener l’ONU au rang d’une ONG. Son but est de faire la guerre et de protéger des intérêts économiques. Rien ne définit l’ennemi, c’est schématiquement une alliance de pays riches contre des pays pauvres. Le FMI est complice de cette politique.

Le nouveau concept stratégique de l’Otan confirme le leadership des États-Unis, en partenariat avec les autres nations, et précise le recours possible à l’arme nucléaire entretenue pour la dissuasion. Le mythe de la dissuasion reste vivace. Pour l’Otan, tous les problèmes mondiaux doivent être résolus de façon militaire, et elle donne un cadre idéologique à une situation économique. Elle veut renforcer les capacités militaires de l’Europe et considère l’Union européenne comme une entité militaire, ce qui est éloigné des conceptions de ses fondateurs.

Un représentant afghan a évoqué la situation des civils en Afghanistan après trente années de guerre, notamment celle des femmes, et a rappelé que la présence des troupes empêche la démocratie qui ne peut venir qu’avec la société civile.

Plusieur

s groupes de travail se sont formés, notamment sur la résistance non violente, les bases américaines, féminisme et militarisation, les armes nucléaires, le complexe militaro-industriel.

Un communiqué final du comité de coordination a été diffusé à la presse. Reiner a proposé une campagne pour une Europe sans armée. La prochaine réunion pourrait avoir lieu à New York.

Maurice Montet

Actus



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