"Quatre soldats français", de Jean Vautrin
Article mis en ligne le 13 mai 2013
dernière modification le 6 novembre 2015
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Anarcho-pacifiste indubitablement, Jean Vautrin nous offre là quelques délicieuses heures de bonheur. Une écriture très agréable, agrémentée d’argot, et, avant tout, une manière comique de montrer le drame guerrier dans son horreur.

Et pour aborder cette lecture, quatre couvertures superbes de l’ami Tardi.

Encore des livres sur la guerre de 14 ? Pas que ça. Évidemment c’est le thème central, mais l’auteur s’en sert non seulement pour montrer l’abomination au front, mais aussi l’ambiance de l’arrière, la gaieté parisienne, la vie en province, l’entrée des femmes sur le marché du travail, la « remise sur rails » des soldats démobilisés, entiers ou mutilés, les profiteurs de guerre, bref, tout ce qui gravite autour d’une bonne guerre.

Quand j’écris tout, c’est bien tout. De l’amour, de l’espionnage, des enquêtes policières, de l’intrigue politicarde, plein de situations invraisemblables, mais tellement drôles.

Tous les clichés sont utilisés à propos des tranchées, et il y a de la barbaque partout, de la tripaille, des embrochages à la baïonnette, des scènes épouvantables.

Sûr que Jean Norton Cru aurait disqualifié ces livres qui dépassent bien souvent l’imaginable.

Mais quel bien ça fait de les lire en connaissance de cause.

Paradoxalement, tout en sachant que ça n’est pas sérieux, on peut considérer qu’après avoir lu ces quatre volumes, on n’a plus besoin d’en lire d’autres sur la Grande Boucherie. Puisque tout y est, on vous a dit.

Je les ai lus à la queue leu leu. C’est parfois un peu longuet, mais c’est parce qu’il y en a pour tous les goûts. Je n’ai jamais eu envie de décrocher. Et la deuxième moitié du dernier tome m’a fait encore plus rigoler. Inutile de résumer l’histoire, les histoires. Pas la peine d’extraire des citations. C’est trop dense. C’est une épopée.

C’est plein d’amour, d’amitié, de fraternité, de solidarité. À part les trois salauds qui se font assassiner sans susciter notre compassion, tous les protagonistes ont du cœur, en quantité et en qualité.

Si vous n’avez pas les moyens de vous offrir ces livres, faites les acheter par votre bibliothèque.

Ils nous montrent que le pacifisme, ce n’est pas forcément ennuyeux, qu’on peut le promouvoir avec le rire, la farce même, et que ça reste grave et sérieux, pour autant qu’on prenne le temps d’y réfléchir.

Jean-François Amary

Jean Vautrin

Éditions Robert Laffont. Paris.

T1 : Adieu la vie, Adieu l’amour. 2004. 315 p. 20 €

T2 : La Femme au gant rouge. 2004. 425 p. 21 €

T3 : La Grande Zigouille. 2009. 418 p. 21 €

T4 : Les Années Faribole. 2012. 458 p. 21 €

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