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1871-2021, la Commune a 150 ans

« Nos luttes sont directement héritées de la Commune. »
« Assiégée par l’armée prussienne, affamée et attaquée par la bourgeoisie versaillaise, la Commune n’a pas bénéficié d’un contexte favorable aux expériences sociales. C’est peu de le dire ! Cela ne l’empêche pas de prendre des mesures qu’aucune institution républicaine n’a renouvelées depuis cent cinquante ans ! »

Ce numéro de la revue Les Utopiques est exceptionnel. Pour la première fois, depuis la création du périodique, l’éditeur Syllepse a fait, à la de­mande des lecteurs, un retirage. Plusieurs dizaines d’auteurs, une belle profusion d’illustrations : photos, affiches, tracts, gravures, dessins, peintures, graffiti, manifestes, programmes de spectacles et de concerts, tout cela en fait un document essentiel.
À la lecture du sommaire, on se rend compte que les très nombreux thèmes sont toujours reliés à l’actualité des luttes d’aujourd’hui. Depuis le premier chapitre « Communs, commune » à « D’hier à de­main, quel fil rouge autour de la Commune ? » c’est à quoi répondent, partiellement sans doute, deux femmes et deux hommes investi-es dans le mouvement ouvrier d’aujourd’hui » : Ludivine Bantigny, historienne, Maryse Thomas, mem­bre du bureau de l’Ins­titut d’histoire sociale de la CGT, Pierre Zarka, ancien direc­teur de l’Humanité qui a quitté le PCF en 2008, Christian Mahieux, membre de SUD-Rail et de l’Union syndicale Solidai­res.
Sous le titre, « Se fédérer. Autogestion. Révolution », Ludi­vine Bantigny déclare : « Cette transmission est essentielle pour que ces femmes et ces hommes ne soient pas morts en vain. » Christian Mahieux ajoute : « Leur république (celle des bourgeois versaillais) n’est pas la nôtre ! Sociale, égalitaire, internationaliste, laïque et antiraciste : c’est tout cela qu’ils massacrent en 1871 et qu’ils rejettent encore aujourd’hui. Mais l’histoire n’est pas finie. »
On peut lire aussi : « Dia­logue avec Dominique Gran­ge », un entretien avec Anouk Colombani, au sujet du spectacle « Putain de guerre ! ». En parlant de la chanson « N’ef­facez pas nos traces » qui fait partie de l’album : « Chansons contre la guerre », Dominique Grange dit : « Je souhaite transmettre, partager, sortir les gens de l’apathie dans laquel­le le pouvoir nous fait plonger. » Le film de notre ami Pedro Fidalgo, qui retrace l’itinéraire de la chanteuse, sort bientôt en salle.
C’est un dessin de Tardi qui est en couverture de la revue. En 2005, à l’occasion de l’exposition Le Cri du peuple de Tardi, la chanson de l’Internationale a été interprétée par Francesca Solle­ville, Serge Utge-Royo, Bruno Daraquy.
Tous les chapitres sont riches d’enseignement et démontrent que les luttes des communeuses et des communeux sont des sources d’inspiration pour la période actuelle.

Bernard Baissat